RDC : Une crise dans les oubliettes

L’Ouest de la République Démocratique du Congo est hanté par un conflit à ampleur inédite. La milice Mobondo sème la panique dans 5 Provinces du pays, provoquant une crise majeure marquée par une importante crise humanitaire.

Depuis 2022, cette crise a provoqué la mort de milliers de personnes, forcé le déplacement de plus de 280 000 personnes (2024-2025), entrainé la destruction de plusieurs villages et l’effondrement du tissu social.

Malgré ses énormes dégâts, cette crise reste oubliée et négligée. Elle ne perçoit pas l’attention des publics, des médias nationaux et internationaux, de la communauté internationale et même des autorités politiques de la RDC. Ce qui fait qu’elle est absente du débat public et des agendas diplomatiques.

Devant la rapidité de la dégradation de la situation et des menaces pesant sur la population, Caritas International Belgique, IPIS, Justice et Paix Belgique et la Commission Diocésaine Justice et Paix de l’Archidiocèse de Kinshasa (CDJP/KIN) ont lancé, le 12 novembre 2025 à Kinshasa, la campagne  » Agissons ensemble pour la paix « .  Ces organisations ont egalement publié en Belgique un rapport qui jette une lumière crue sur ce qui se voit  dans la zone, et un aperçu des leviers utiles à la désescalade et à une réponse durable à la crise.

Selon ce rapport, plus de 5000 personnes ont été tuées depuis le début de la crise dans les provinces de Maï-Ndombe, Kwilu, Kwango et Kinshasa. Des chefs coutumiers ont été assassinés et plusieurs villages incendiés.

Carte des villages attaqués et incendiés par les Mobondo et où certains chefs coutumiers Teke ont été assassinés (juin 2022 et juin 2025)

Témoignage et recommandations

« Je suis la fille du Chef Coutumier du village Engweme, Mfumu Leko. Les Mobondo ont attaqué notre village pendant que nous dormions. Ils ont décapité mon père et ont utilisé sa tête pour jouer au football. Ce jour là, j’avais perdu 22 membres de ma famille », interview au village Masia-Kwa Février 2025.

En ce qui concerne les recommandations, la plupart d’entre elles sont destinées au gouvernement congolais et une partie à la communauté internationale. Ces organisations estiment que l’Etat congolais a la plus grande responsabilité d’apporter une solution à cette crise.

Dans ce rapport, ces 4 organisations recommandent le renforcement de la sécurité et l’autorité de l’État. Elle demande, également, de prioriser la paix inclusive et la cohésion sociale et de mettre en œuvre justice et réconciliation.

Promouvoir le relèvement socio-économique et la résilience : reconstruire les infrastructures, indemniser les victimes, soutenir emploi et entrepreneuriat, intégrer protection, assistance et développement dans une approche nexus durable.

A la communauté internationale

Mobiliser l’action diplomatique et internationale : inscrire la crise à l’agenda bilatéral et européen, renforcer le soutien financier et opérationnel, coordonner la réponse entre gouvernements, bailleurs, ONU et Société Civile.

Par C.MADIYA

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